STRATEGIE NATIONALE ET PLAN D'ACTIONS EN MATIERE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUES
 N P A-D B

TROISIEME PARTIE: STRATEGIE ET PLAN D'ACTION

Chapitre I : ELEMENTS DE STRATEGIE POUR LA CONSERVATION
ET L'UTILISATION DURABLE DE LA BIODIVERSITE

I. 1. Définition d'une vision nationale et des objectifs pour le Burundi

I. 1. 1. Vision Nationale

L'analyse faite sur la diversité biologique au Burundi vient de montrer une richesse importante d'écosystèmes naturels, d'espèces aussi bien floristiques que faunistiques, une diversité agricole, forestière et pastorale, une richesse de ressources biologiques d'utilité indéniable. Cette même analyse vient de visualiser un état d'une biodiversité en pleine dégradation des écosystèmes et de la disparition de certaines espèces végétales et animales suite à des facteurs naturels et anthropiques.

Le problème posé est donc le suivant: Comment conserver et gérer rationnellement de manière équitable une biodiversité menacée par certaines activités humaines de survie et de développement?

Concernant la conservation de la biodiversité :
Devant l'impossibilité à préserver toute la biodiversité nationale, le Burundi entend consacrer les efforts sur les moyens de limiter les effets des causes directes et indirectes de la dégradation des écosystèmes ainsi que de leur faune et flore. Il entend préserver les éléments biologiques autochtones et ceux de l'agrobiodiversité. Un accent particulier sera mis sur la préservation des zones riches en biodiversité telles les aires actuellement protégées.
Concernant la gestion rationnelle de la biodiversité :
Le Burundi entend encourager un système de gestion participative des ressources biologiques qui peut être pratiqué d'une façon pérenne sans diminuer leur productivité ni trop perturber les conditions écologiques.
Concernant le partage des bénéfices découlant de l'exploitation des ressources biologiques :
Le Burundi compte encourager des programmes sectoriels d'exploitation des ressources biologiques qui tiennent compte des intérêts directs ou indirects de toutes les couches de la population

En outre, il faut noter que l'Etat a pris certaines mesures de gestion pour atténuer la dégradation par l'élaboration des instruments légaux, par la mise en place d'une politique institutionnelle chargée de gérer la biodiversité et la ratification des conventions en rapport avec la biodiversité à l'instar de la Convention sur la Diversité Biologique. Il a toutefois été constaté que la population partenaire pilier de la biodiversité n'a pas été suffisamment intégrée dans la gestion de celle-ci.

En élaborant la présente stratégie nationale et son plan d'action, le Burundi veut manifester sa volonté de corriger les défaillances constatées dans le passé pour conserver et utiliser durablement ses ressources biologiques en adoptant des mesures de gestion appropriées

En se référant même aux objectifs de la CDB qui sont : "la conservation de la biodiversité, l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques notamment grâce à un accès satisfaisant aux ressources génétiques et à un transfert approprié des techniques pertinentes "(Art 1), le Burundi veut préserver les acquis par une gestion qui implique toutes les couches de la nation en intégrant leurs activités de production et en les associant aux bénéfices de la conservation de la biodiversité.

Cette politique de conservation et d'utilisation durable des ressources naturelles ne peut réussir que si tous les acteurs et les bénéficiaires sont convaincus de l'importance de la biodiversité et la nécessité de la conserver. La réussite de cette tâche sera possible si le pays se fixe une vision globale mais réaliste et intégrante ainsi que des objectifs clairs et concis. Ainsi, la vision ci-dessous libellée est retenue pour le Burundi :

Vision Nationale :
Toutes les couches de la population sont correctement informées sur les valeurs de la diversité biologique et les risques qu'elle encourt, impliquées et engagées dans sa conservation et son utilisation durable pour le bien être des générations présentes et futures.

I. 1. 2. Objectifs et actions à mener
I. 1. 2. 1. Méthodologie pour l'identification des axes stratégiques

Après le diagnostic de l'état actuel de la biodiversité du Burundi et la définition de la vision nationale, l'étape suivante consiste en l'identification des objectifs à poursuivre pour tendre vers une finalité de conservation de la biodiversité, d'utilisation durable et de partage juste et équitable des ressources biologiques. Sur cette base, et selon les directives de la CDB et en tenant compte de la situation socio-politico-économique actuelle du pays, la stratégie sera bâtie autour de 8 axes stratégiques majeurs ci-dessous.

Une démarche descendante partant de la vision nationale vers les objectifs et de ces derniers vers les orientations a été suivie. De ces orientations, les actions à mener ont été identifiées.

Axes stratégiques du Burundi

1. Conservation de la biodiversité
2. Utilisation durable des ressources biologiques
3. Partage équitable des responsabilités et bénéfices dans la gestion de la biodiversité
4. Biotechnologies
5. Education et sensibilisation du public
6. Formation et recherche
7. Etudes d'impacts et réduction des effets nocifs
8. Coopération et échanges d'information

I. 1. 2. 2. Présentation des objectifs et orientations par axes stratégiques

La présente stratégie est élaborée autour de 13 objectifs globaux se basant eux-mêmes sur 29 orientations ou objectifs spécifiques. 93 actions ont été identifiées pour opérationnaliser la stratégie. La formulation des objectifs a été faite en tenant compte des causes majeures de perte de la biodiversité. Ces objectifs classés par ordre de priorité, sont sous-tendus par les orientations de la CDB.

1. Conservation de la biodiversité

A. Conservation in situ

Objectif 1: Amélioration et renforcement de la base juridique, sa cohérence et son efficacité, pour favoriser la conservation, l'utilisation durable et le partage équitable des ressources de la biodiversité.

L'article 8 de la Convention sur la Diversité Biologique impose à chaque partie contractante de formuler ou de maintenir en vigueur les dispositions réglementaires nécessaires pour protéger des espèces et populations menacées. Or, dans l'état actuel des choses, le cadre juridique sur la biodiversité est marqué par l'absence d'un texte spécifique sur la biodiversité. Même les quelques textes de loi ayant des rapports plus ou moins directs avec la biodiversité, possèdent de nombreuses lacunes et insuffisances. L'esprit de cet objectif est de combler ces lacunes à travers l'orientation suivante :

  • Mettre en place un cadre juridique favorisant la protection des espèces et des populations menacées (Art 8)

Objectif 2: Amélioration des connaissances écologiques nécessaires à l'établissement du réseau de conservation de qualité et à la sauvegarde des éléments menacés de la biodiversité.

A travers le diagnostic, il apparaît difficile de dresser le portrait de la biodiversité au Burundi à cause des connaissances limitées sur la taxonomie de la flore et de la faune de même que sur les écosystèmes. Ainsi, dans cet objectif, il est visé l'approfondissement des connaissances sur le fonctionnement des éléments de chaque écosystème dans le but de maîtriser la conservation. Il est aussi question d'envisager des méthodes pertinentes de traitement des données pour faciliter la gestion de la biodiversité. L'opérationalisation de cet objectif s'articule sur deux orientations suivantes :

  • Poursuivre les études d'inventaires de la faune et de la flore sur une approche axée sur les écosystèmes (Art 8)
  • Poursuivre les études écologiques en rapport avec la dynamique des écosystèmes, des populations et des espèces de faune et de flore (Art 8)

Objectif 3: Établissement, maintien et surveillance d'un réseau intégré d'aires protégées ou d'autres zones spéciales de protection représentatives de la biodiversité.

Les écosystèmes comme les marais, les forêts claires et milieux aquatiques se sont révélés de première priorité pour leur conservation à cause de leur niveau de vulnérabilité et leur imminence de disparition. Dans cette optique la conservation ne peut se faire que sous forme d'aires protégées. L'action objective qui s'impose est d'identifier les zones d'étendues suffisantes à mettre en défens.

La forêt ombrophile de montagne de Mpotsa est la seule de grande étendue en dehors des aires protégées. Sa position dans la priorité moyenne pour la conservation et sa petitesse (230 ha) conduisent simplement à envisager une méthode de gestion et de surveillance par les communautés locales bien différentes de celle des aires protégées. Le défrichement cultural et les autres pratiques dégradatrices sont à arrêter.

Les galeries forestières, les savanes à Acacia, les bosquets xérophiles et les pelouses sont des écosystèmes faiblement représentés dans les aires protégées et tapissent les zones très menacées de désertification (savane à Acacia et bosquet xérophile de Bugesera) et de déforestation (galerie forestière de l'Est du Burundi: Cankuzo et Ruyigi ). On devrait envisager un recensement de ces zones fragiles pour les soumettre sous un système de conservation qui ne doit pas être nécessairement le système d'aire protégée. L'enrichissement de ces écosystèmes à partir des essences autochtones est nécessaire.

La faible priorité pour la conservation réservée à la savane de l'Est n'implique pas que des actions de conservation ne soient pas nécessaires. Des zones inadaptées à l'agriculture sont à préserver. La conservation peut s'envisager dans le sens de protéger les collines et les bassins versants notamment, en permettant une évolution progressive des savanes vers les formations forestières. Les feux de brousse sont à décourager.

Etant retenues comme les plus hautes priorités pour la conservation, les aires protégées doivent subir un système de surveillance rigoureux appuyé par un plan de gestion. Toutes les espèces menacées doivent être soustraites de l'exploitation.

Toutes ces considérations visualisent le bien fondé de cet objectif qui, du reste, comporte 4 orientations à savoir :

  • Identifier des zones riches en biodiversité ou d'intérêt particulier où des mesures spéciales de conservation doivent être prises en s'assurant que l'essentiel de la diversité biologique nationale est suffisamment représentée (Art 8)
  • Assurer une surveillance continue afin de réduire ou d'éradiquer les différents types de menaces qui pourraient influer sur la conservation de biodiversité (Art 8)
  • Consolider la gestion des aires protégées en tenant compte des activités socio-économiques
    (Art 8)

B. Conservation ex situ

Objectif 4: Conservation ex situ des éléments utiles et /ou menacés de la biodiversité.

Le diagnostic a montré que les écosystèmes contiennent beaucoup d'éléments utilisés dans divers usages. Ces écosystèmes sont soumis à des pressions de tout genre s'accompagnant de la régression de ces ressources. Il est donc important de fournir des efforts pour sauvegarder les éléments utiles ou menacés. Dans cette optique, la conservation ex situ doit être saisie comme un complément à la conservation dans les aires protégées.

Il convient ainsi de soutenir les connaissances locales dans ce type de conservation (agroforesterie traditionnelle, etc.) et d'encourager les autres méthodes de conservation en confectionnant notamment des jardins botaniques et surtout des arboretums pouvant également servir comme centres semenciers.

Les zones à privilégier sont celles du plateau central et du Mumirwa dont les végétations forestières naturelles originelles n'existent plus. Ces actions peuvent se faire dans la plaine de la Rusizi et la dépression du nord menacées de désertification.

Il est aussi envisageable de créer des jardins zoologiques ou de domestiquer certaines espèces sauvages utiles et rares afin de sauvegarder certaines espèces faunistiques menacées de disparition.

Cet objectif comprend 2 orientations à savoir :

  • Appuyer les méthodes traditionnelles de conservation ex situ des éléments utiles et /ou menacés (Art 10)
  • Prendre des mesures appropriées pour sauvegarder ex situ les espèces utiles et/ou menacées (Art 9)

2. Utilisation durable des ressources biologiques

Objectif 5 : Consolidation de l'utilisation durable et valorisation des ressources biologiques sauvages sur base de plans de gestion concertés et des textes réglementaires

Face aux pressions de plus en plus fortes auxquelles sont soumises les ressources biologiques sauvages et étant donné l'augmentation de la demande de ces mêmes ressources, le Burundi doit s'efforcer de les gérer rationnellement pour une meilleure utilisation. Dans cette optique, il est important d'identifier des outils pertinents de gestion notamment l'établissement des plans de gestion appropriés.

Pour satisfaire la demande dans la limite du maintien et de l'utilisation durable des ressources faunistiques et floristiques, des mesures de valorisation et de réglementation doivent être prises. Cet objectif fondé sur les considérations ci-haut citées, s'articule sur 5 orientations suivantes :

  • Réglementer l'accès aux ressources biologiques de manière qu'il y ait une utilisation durable (Art 10)
  • Protéger et encourager l'usage traditionnel des ressources biologiques compatible avec les impératifs de leur conservation et de leur utilisation durable (Art 11)
  • Prendre des mesures permettant la satisfaction de la demande dans la limite du maintien et de l'utilisation durable des ressources faunistiques et floristiques (Art 11).
  • Bannir les pratiques d'utilisation des ressources faunistiques et floristiques nuisibles à la biodiversité des milieux naturels (Art 11).
  • Prendre en compte la biodiversité dans les activités de développement économiques (Art 10, 11)

Objectif 6: Assurer une utilisation durable des ressources biologiques domestiques

En dépit de l'expansion démographique, le Burundi s'efforce de parvenir à la sécurité alimentaire. Cependant, il n'est permis de rester optimiste que si notamment des efforts orientés dans le sens d'utilisation rationnelle des ressources domestiques sont fournis. En effet, des mesures visant à maintenir et améliorer la productivité des sols agricoles doivent être prises notamment en améliorant la gestion du fumier et en éradiquant les maladies et ravageurs des plantes.

En outre, des méthodes de gestion des pâturages permettant la régénération des espèces fourragères en régression sont d'une grande nécessité. Des méthodes permettant l'enrichissement et la conservation les ressources agricoles, pastorales et forestières par introduction des espèces exotiques adaptées sont nécessaires.

Cet objectif qui vise la levée du défi de la demande des ressources biologiques domestiques comprend 3 orientations suivantes :

  • Maintenir et améliorer la productivité des sols agricoles (Art 10, 11, 14)
  • Pérenniser, par enrichissement et conservation, les ressources agricoles et pastorales par introduction des espèces exotiques mais sans effets dégradateurs ou nuisibles (Art 10)
  • Assurer une utilisation durable des ressources forestières artificielles (Art 10)

3. Partage équitable des responsabilités et bénéfices dans la gestion de la biodiversité

Objectif 7: Instauration d'une politique intégrante et d'un cadre de concertation où les responsabilités de tous les intervenants dans la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité sont clairement définies

Au Burundi, le problème majeur reste l'intégration des communautés locales au processus de conservation et de gestion des ressources. Les conflits sont essentiellement engendrés par la prise de décisions sur des terres sans prendre en compte les intérêts des populations.

En effet, les différentes institutions intéressées par la question de la biodiversité soufrent de manque d'un cadre de coordination et de concertation et partant agissent de façon isolée et cloisonnée. Ces conflits engendrent des désaccords non seulement entre les populations et l'Etat, mais aussi avec les projets de terrain avec comme conséquences l'utilisation irrationnelle à tous les niveaux.

Pour lever ce défi, il est urgent d'adopter une politique intégrante de tous les acteurs et de définir les rôles de tout un chacun. De plus, afin de permettre la population d'accéder aux ressources, certaines facilités doivent être prises en tenant compte de niveau de vie. Ces sont de tels problèmes de la gestion quotidienne que tend à résoudre le présent objectif à travers ses 3 orientations :

  • Mettre un place un cadre de coordination et de concertation intersectoriel pour favoriser la préservation de la biodiversité (Art 10)
  • Promouvoir un développement durable et écologiquement rationnel dans les zones environnant des aires protégées en vue de renforcer la protection de ces dernières et d'atténuer les conflits d'utilisation des ressources (Art 12)
  • Soutenir des actions de production tendant à favoriser la conservation de la biodiversité
    (Art 10, 11)

4. Biotechnologie

Objectif 8: Promotion des biotechnologies qui favorisent l'amélioration et le maintien de la biodiversité

Les biotechnologies interviennent dans plusieurs secteurs comme l'agriculture, l'élevage, la médecine humaine, l'industrie, l'alimentation, l'environnement, etc. Pour ce dernier domaine par exemple, l'apport des biotechnologies est la conservation ex situ et la multiplication rapide de la plupart des espèces végétales, animales et microbiennes.

Le Burundi a intérêt à faire ses recherches en biotechnologie. Il doit non seulement améliorer les technologies traditionnelles mais également adapter les biotechnologies modernes aux réalités nationales et aux besoins des populations rurales. Ces biotechnologies permettant de fournir à bas prix des produits et des services et offrent une alternative aux produits conventionnels, sans dangers pour l'environnement et faisant usage de matériaux locaux.

Afin de sécuriser les ressources alimentaires à long terme, il importe d'accroître la production vivrière sans épuiser les ressources naturelles. Les bio engrais et bio pesticides sont d'un apport utile dans un modèle à faible niveau d'intrants.

Les biotechnologies devraient également permettre de mieux comprendre les techniques de fermentation et autres procédés microbiologiques traditionnels. Il est à noter cependant que la première contrainte à la recherche en biotechnologie demeure la pauvreté en ressources humaines et matérielles disponibles. Il est donc opportun d'appuyer un domaine aussi riche en applications.

Cela justifie le choix de l'objectif ayant comme orientation :

  • Encourager la recherche appliquée en biotechnologie (Art 15, 16, 19)

5. Education et sensibilisation du public

Objectif 9 : Intégration des préoccupations de la convention sur la diversité biologique
(conservation, utilisation durable et partage équitable) dans les différentes politiques et programmes du pays.

Les articles 6 et 14 de la Convention sur la Biodiversité imposent aux parties à la convention d'intégrer les considérations de conservation et d'utilisation durable dans les programmes et politiques sectorielles et de faire en sorte que ces derniers ne nuisent pas sensiblement à la diversité biologique.

Cependant, les politiques mises en oeuvre dans les secteurs autres que la gestion des ressources biologiques n'intègrent pas les considérations d'écologie de biodiversité dans leur politique et ne tiennent pas souvent compte des effets sur l 'environnement des programmes et politiques projetés.

Cet objectif se base sur l'orientation suivante :

  • Tenir compte de la convention dans l'élaboration des politiques sectorielles pour que ces dernières ne nuisent pas à la diversité biologique (Art 6 et 14)

Objectif 10: Conscientisation sur l'importance de la conservation de la diversité biologique et l'utilisation durable des ressources biologiques ainsi que sur leur prise en compte dans les programmes d'enseignements

Au Burundi, la dégradation de la biodiversité consécutive aux diverses activités anthropiques découle du fait que les populations restent souvent peu informées ou peu conscientisé sur les méfaits de certaines pratiques et les méthodes d'exploitation rationnelle. De plus, certaines mentalités ne sont pas de nature à favoriser la conservation et l'utilisation durable des ressources biologiques.

Cet objectif tend donc à favoriser la sensibilisation à tous les niveaux sur le comportement à adopter envers la biodiversité. Il met aussi en exergue l'éducation qui est le seul moyen à long terme de modifier les mentalités. Trois orientations retenues pour ce faire sont les suivantes :

  • Mettre à la disposition de la population des données relatives aux éléments constitutifs de la biodiversité (Art 13)
  • Inciter la population et d'autres secteurs de production à s'impliquer dans les activités de protection de la biodiversité et de l'utilisation durable des ressources biologiques (art 11).
  • Favoriser les mesures d'accompagnement qui consistent en la vulgarisation, l'éducation et la sensibilisation du public sur les textes de lois (Art 13)

6. Formation et recherche

Objectif 11: Renforcement des capacités et de technicité par la formation et la recherche scientifique dans le but d'identifier, conserver, surveiller et utiliser durablement la biodiversité et d'évaluer l'impact de toutes ces actions.

A l'état actuel, envisager une conservation et une gestion durable suppose des capacités humaines et une technicité adéquates. Les méthodes de gestion utilisées ne donnent pas assez de satisfaction et, dans certains cas, sont à l'origine de la dégradation de la biodiversité ( cas de feux dits de gestion mais sans plan de gestion).Il faut donc une recherche approfondie qui apprécie tous les contours de la biodiversité.

C'est dans le souci de vouloir trouver une solution à ce manquement en matière de la formation et de la recherche que cet objectif est formulé. Il est articulé sur 2 orientations suivantes :

  • Promouvoir la formation scientifique et technique sur les méthodes d'inventaire, de conservation , de suivi et d'évaluation continus de la biodiversité et d'utilisation rationnelle des ressources biologiques (Art 12)
  • Renforcer les programmes de recherche multidisciplinaire qui contribuent à conserver la biodiversité et à en assurer l'utilisation durable (Art 12)

7. Etudes d'impacts et réduction des effets nocifs

Objectif 12: Mise en place des procédures d'études d'impacts en faveur de la biodiversité

L'importance d'études d'impacts n'a pas reçu toute l'attention voulue au Burundi. Cela fait que certaines activités de développement ont été à l'origine de la dégradation de la biodiversité. Cet outil d'importance capitale dans la prévention des catastrophes mérite d'être intériorisé surtout dans tous les secteurs de la vie nationale.

C'est dans cette optique que le présent objectif a été formulé et sous-tendu par l'orientation ci-dessous :

  • Exiger l'évaluation d'impacts de diverses activités de la vie socio-économique du pays qui sont susceptibles de nuire à la diversité biologique en vue d'éviter ou de réduire au minimum la nuisance (Art 14).

8. Coopération et échange d'informations

Objectif 13: Mise en place d'un cadre de coopération et de collaboration en vue de favoriser les échanges d'informations et de techniques intéressant la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité et de permettre le transfert de la biotechnologie

Bien que la biodiversité soit considérée comme un patrimoine national, sa conservation reste une préoccupation mondiale. A cet effet, une coopération entre les Etats reste indéniable aux fins de la conservation et de l'utilisation durable de la biodiversité.

Pour le cas précis du Burundi, des expériences et appuis étrangers sont plus que nécessaires pour la mise en oeuvre de la CDB. La nécessité de la mise en place d'un cadre de coopération et de collaboration a conduit à la formulation de l'objectif ayant comme orientations :

  • Mettre en place un cadre de coopération et de collaboration en vue d'améliorer les performances de conservation et d'utilisation de la biodiversité (Art 17, 18, 20)
  • Mettre en place un cadre d'échange d'informations intéressant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique (Art 17, 18, 20)

 

 

 

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Dernière mise à jour: le 25-07-2003


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