PREMIERE PARTIE : Présentation DU Burundi
1. Contexte géographique
Le Burundi couvre 27.834 km² dont 25.200 km² terrestres et s'étend
entre les méridiens 29°00 et 30°54' Est et les parallèles 2°20' et
4°28' Sud. Sans accès à la mer, il borde en revanche le lac Tanganyika
(32.600 km² dont 2634 km² appartiennent au Burundi), dans l'axe du Grand
Rift occidental. Le lac et la Rivière Rusizi le bordent à l'Ouest, la
rivière Malagarazi au Sud Est. Les bordures Ouest et Sud-Est (11.817
km²) appartiennent au bassin du Congo, le reste du pays (13.218 km²)
constitue l'extrémité méridionale du Bassin du Nil. Les pays
limitrophes sont la République Démocratique du Congo à l'Ouest, la
République du Rwanda au Nord et la République Unie de Tanzanie à l'Est
et au Sud.
2. Contexte géomorphologique
Constitué par une alternance de roches dures (quartzites) et tendres
(schistes et granites altérés), le relief actuel du Burundi est surtout
le résultat d'un ensemble de mouvements tectoniques qui ont modifié
profondément la surface de l'Afrique orientale à partir de la deuxième
moitié du Tertiaire et qui se poursuivent d'ailleurs encore aujourd'hui.
Ces mouvements tectoniques ont eu pour effet de soulever, de casser et
basculer la surface des plateaux centraux du Burundi légèrement vers
l'Est, pendant qu'à l'Ouest se formait le fossé du lac Tanganyika et les
versants qui lui sont adjacents.
Le fossé du lac Tanganyika fait partie du système des rift-valleys
qui séparent la plaque africaine à l'Ouest de la plaque somalienne à
l'Est, selon des lignes qui vont de la mer Rouge au Mozambique. Le rift,
unique au Nord de l'Ethiopie et au Sud du Malawi, est double au centre :
le rift oriental traverse le Kenya et la Tanzanie, tandis que le rift
occidental parcours le Burundi. C'est dans ce fossé que se succèdent, du
sud vers le Nord, les lacs Tanganyika, Kivu, Edouard, et Albert.
Tous ces mouvements expliquent la présence, sur un territoire aussi
limité que celui du Burundi, d'un ensemble géomorphologique assez
diversifié. Cinq domaines morphologiques peuvent être identifiés
(fig.1):
- L'Ouest du Burundi avec la plaine de l'Imbo et les Mirwa. La plaine
de l'Imbo est constituée au Nord par de vastes étendues drainées
par la Rusizi et au Sud par la mince plaine côtière le long du lac
Tanganyika. Les limites de la plaine de l'Imbo sont situées entre
l'altitude de 774 m (le niveau moyen du lac) et l'hysoèthe de 1000 m.
Les Mirwa sont la retombée occidentale, fortement encaissée, de la
crête Congo Nil et sont limités à l'altitude de 1900 m.
- Les hautes terres de la crête Congo Nil qui sont un important
soulèvement montagneux pouvant atteindre plus de 2600 m d'altitude et
formant la ligne de partage des eaux du Nil et du Congo. Au Sud,
l'altitude est sensiblement moins élevée.
- Le plateau central couvrant la plus grande partie du pays avec une
largeur d'environ 100 km et caractérisé par de nombreuses collines
arrondies, qui forment entre elles des vallées à fond plat
favorisant souvent la formation des marécages. L'altitude des sommets
des collines descend lentement, de l'ouest vers l'est, de 2000 m vers
1700 m.
- La dépression du Kumoso, située à l'Est du pays à des altitudes
comprises entre 1200 et 1400 m.
- La dépression du Bugesera localisée au Nord-Est du Burundi et
faisant frontière avec le Rwanda, est caractérisée par de vastes
vallées marécageuses avec un relief peu élevé compris entre 1200
et 1500 m d'altitude.
3. Contexte géoclimatique
Le dessin topographique du Burundi s'accompagne de la variation du
climat sur différentes altitudes, ce qui confère au pays une diversité
géoclimatique importante.
En effet, les altitudes supérieures à 2000 m, matérialisées par la
crête Congo Nil, sont plus arrosées avec des précipitations moyennes
comprises entre 1400 mm et 1600 mm et des températures moyennes annuelles
oscillant autour de 15°C avec des minima atteignant parfois 0°C. Ces
conditions climatiques (pluviosité élevée et température basse) font
de ce milieu en zone tropicale de montagne, un lieu privilégié pour la
formation des forêts ombrophiles.
Les altitudes moyennes rassemblées dans le seul terme " plateau
central ", et oscillant entre 1500 et 2000 m, reçoivent environ 1200
mm de précipitations annuelles pour 18 à 20°C de températures moyennes
annuelles.
Les altitudes inférieures à 1400 m représentées par la plaine de
l'Imbo et les dépressions du Kumoso et de Bugesera ont des
précipitations moyennes annuelles inférieures à 1200 mm et même
souvent inférieures à 1000 mm comme à l'Imbo, avec des minima d'environ
500 mm. Les températures moyennes annuelles y sont supérieures à 20°C
Figure. 1 : Les grands ensembles géomorphologiques du Burundi
(Bikwemu,1991, cité par Nzigidahera, 2000)
4. Contexte hydrologique
Sur toute l'étendue du pays, la combinaison à la fois des terres
fermes et des milieux aquatiques est à l'origine d'une diversité des
écosystèmes terrestres et aquatiques, riches en flore et en faune. Les
zones marécageuses, les différents cours d'eau, les étangs et les lacs
induisent une variation écosystémique importante sur une grande étendue
de terre ferme.
Tout le réseau hydrologique du pays est réparti en deux grands
bassins hydrographiques:
- Le bassin du Nil comprend d'une part la Ruvubu et ses affluents et
d'autre part la Kanyaru affluent de la Kagera. L'espace délimité
entre les deux dernières constitue la dépression du Bugesera au fond
duquel se trouve un ensemble de lacs dits lacs du Nord. Le cours
supérieur de la Kagera qui se jette dans le lac Victoria puis dans le
Nil.
- Le bassin du Congo est constitué de deux sous-bassins:
- le sous- bassin situé à l'Ouest de la crête Congo Nil et
formé par la Rusizi et ses affluents et par le lac Tanganyika.
- le sous-bassin du Kumoso situé à l'Est du pays comprenant la
Malagarazi et ses affluents. Collectées par le lac Tanganyika,
les eaux de ce bassin se déversent dans le fleuve Congo.
5. Contexte pédologique
Le Burundi reste également riche en complexes pédologiques. Il a
déterminé la potentialité culturale de chaque type du sol. Il
reconnaît, selon le matériau d'origine, les grands groupes suivants:
- Matériau récent: sols récents tropicaux, terres noires
tropicales, sols bruns tropicaux, sols récents texturaux, sols
minéraux bruts, sols organiques.
- Matériau fortement altéré: ferrisols, ferrisols intergrades vers
les sols récents tropicaux, ferrisols intergrades vers les sols bruns
tropicaux, ferrisols faiblement ferrisoliques, ferralsols orthotypes.
Ces différents faciès pédologiques jouent un rôle important dans la
distribution de la végétation au niveau national.
En altitude, les sols sont peu fertiles et généralement des
ferralsols ou des ferrisols. Sur les pentes et les crêtes, on rencontre
des sols bruns tropicaux et des lithosols. Des sols organiques, minéraux
et tourbeux caractérisent les fonds de vallées marécageuses. La plaine
de la Rusizi est caractérisée par des regogleys salins.
6. Contexte démographique et économique
La population burundaise est actuellement estimée à environ 6
millions d'habitants avec un taux de croissance annuel de 3% (le
recensement de 1990 donne une estimation de 5 356 000 habitants). Avec une
densité moyenne de 230 habitants au km², le Burundi connaît l'une des
plus fortes densités d'Afrique. D'après le recensement de 1990 environ
51% de la population étaient du sexe féminin. La population féminine
active (entre 15-64 ans) représentait environ 49%. Près de 90% de la
population vit du secteur agricole. Les terres fermes représentent
environ 85% du territoire national tandis que la superficie cultivée
représente environ 50% de la superficie totale (Tab.1). La superficie
agricole moyenne par exploitation familiale qui est d'environ 1 ha, se
réduit dans les régions de fortes densités ( environ 0,5 ha). A la
longue les tendances de cette occupation des sols par l'agriculture, le
pâturage, etc. exercent une pression sur la végétation.
Le taux d'alphabétisation et d'instruction est très bas et non
homogène. Cette situation handicape la mobilisation des ressources
humaines en vue du développement durable ainsi que l'éducation en
matière de biodiversité. Le taux d'alphabétisation des adultes en
général est de 35,3% et celui des femmes adultes est de 22,5%. Le PIB
qui était de 180 USD par habitant en 1992 a chuté progressivement
jusqu'à 7,4% en 1997. L'économie repose principalement sur le secteur
primaire. Les produits agricoles exportés sont le café et le thé. Le
commerce extérieur est entravé économiquement et politiquement par
l'enclavement géographique et le remboursement de la dette extérieure.
Tableau 1: Occupation du sol (approximation par recoupement des
données diverses ; SNEB, 1997, modifiée)
| Types de végétations |
Superficie (ha) |
% |
Végétation naturelle(y compris
marais et savanes non cultivés) |
240 716 |
8,6 |
| Boisements |
128 375 |
4,6 |
| Pâturages et autres |
775506 |
27,8 |
Cultures vivrières (Hors marais
cultivés) |
1 210 000 |
43,4 |
| Cultures de rente |
104 000 |
3,7 |
| Marais cultivés |
81 403 |
2,9 |
| Lacs |
± 263 400 |
9,9 |
| Villes |
25 000 |
0,9 |
| Total |
2 783 400 |
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