I. 2. Principaux sites de biodiversité
I. 2. 1. Aires protégées
Le Burundi possède 14 aires protégées réparties dans 4 catégories
de l'UICN (1990): Parcs Nationaux, Réserves Naturelles, 2 Monuments
Naturels et Paysages Protégés (fig.2). Dans l'ensemble, ces aires ont
une superficie d'environ 127 662,85 ha soit 4,6% du total du pays.
Les aires protégées sont pluri-écosystémiques. Mais, en
considérant les superficies actuelles des grands écosystèmes (Tab.2),
il apparaît que plusieurs d'entre eux sont très faiblement représentés
dans le système des aires protégées: marais, milieux aquatiques,
forêts claires. Par contre, les forêts ombrophiles de montagne, la
forêt sclérophylle à Hyphaene et la forêt mésophile de Kigwena sont
bien représentées dans les aires protégées. Les savanes de l'Est sont
représentées dans les aires protégées, mais les savanes à Acacia du
Nord, ne bénéficient pas d'aucune mesure de protection.
Figure 2. : Carte des aires protégées du Burundi (SNEB, 1999)
I. 2. 1. 1. Parc National de la Kibira
Le Parc National de la Kibira qui s'étend entre 1 600 et environ 2 800
m, consiste en trois grands complexes de forêt de montagne, encore
partiellement primaire et couvrant la partie Nord de la crête Congo Nil
au Burundi. Il s'allonge du Burundi jusque dans la forêt de Nyungwe, au
Rwanda. Ce Parc de plus de 40 000 ha s'étend sur plus de 80 km de long et
environ 8 km de large.
Les principales formations végétales rencontrées dans ce parc sont :
- Formation végétale à Entandrophragma excelsum et Parinari
excelsa var. holstii.
- Formation végétale à Parinari excelsa var. holstii et Polyscias
fulva.
- Formation végétale à Polyscias fulva et Macaranga
neomildbreadiana et à Syzygium parvifolium.
- Forêt secondaire à Hagenia abyssinica correspondant à une
phase moins avancée de recolonisation du milieu et à Faurea saligna
correspondant à un effet de Crête.
- Formation d'altitude à Philippia benguellensis et Protea
madiensis.
- Formations à Arundinaria alpina avec deux faciès : une
bambousaie pure et une bambousaie mixte.
- Formation de fond de thalweg correspondant aux marais de haute altitude.
Dans l'ensemble, plus de 644 espèces végétales sont connues.
Au point de vue faunistique, le parc compte environ 98 espèces de
mammifères. Les insectivores avec 20 espèces comportent des éléments
endémiques comme Myosorex blarina, Crocidura lasona, Crocidura
niobe, etc. Huit espèces de Chiroptères ont été identifiées. Dix
espèces de Primates dont le plus fréquemment rencontré est Cercopithecus
mitis dogetti. On y rencontre également Pan troglodytes.
L'avifaune est très diversifiée avec environ 200 espèces dont les
plus remarquables sont Lophaethus occipitalis, Corythaecola
cristata et Bycanistes sbcylindricus.
Les reptiles du parc sont mal connus mais les ophidiens les plus
souvent observés sont notamment Atheris nitchei et Bitis
gabonica.
Pour les autres groupes ( Amphibiens et poissons ) les études restent à
faire.
I. 2. 1. 2. Réserve Naturelle Forestière de Bururi
La forêt de Bururi avec 3 300 ha s'étend sur une altitude variant
entre 1 600 et 2 300 m et constitue la partie la plus méridionale du
système de forêt de la Crête Congo Nil. Comme la Kibira, c'est une
forêt ombrophile de montagne. La végétation naturelle, qui occupe
environ 2 000 ha n'est pas homogène. Plus de 250 espèces végétales ont
été identifiées et sont très loin de traduire la réalité.
La faune mammalienne comprend environ 22 espèces dont 5 espèces de
Primates rencontrés aussi dans la Kibira et 6 espèces de Carnivores dont
Panthera pardus. L'inventaire des oiseaux donne 117 espèces
semblables à celles rencontrées dans la Kibira également. Pour les
autres groupes ( Reptiles, amphibiens et poissons ) les études restent à
faire.
I. 2. 1. 3. Réserve Naturelle Forestière de Monge
Tout comme la Kibira, la Réserve Naturelle Forestière de Monge est
dominée par une forêt ombrophile de montagne. Les arbres dominants sont Entandrophragma
excelsum, Parinari excelsa, Hagenia abyssinica. Très
fragmentée, la forêt occuperait en total 5 000 ha.
La faune y est mal connue même si on y observe fréquemment Cercopithecus
mitis, Canis adustus et Papio anubis.
I. 2. 1. 4. Parc National de la Rusizi
Le Parc National de la Rusizi comprend environ 13 000 ha et tapisse la
plaine de la Rusizi. Situé à l'Ouest du pays, son altitude moyenne est
de 775 m au niveau du delta. Le parc comprend deux parties séparées: le
secteur " Delta " autour de l'embouchure de la Rusizi, au Sud et
le secteur " Palmeraie ", au Nord.
La végétation du Secteur Palmeraie comprend plus de 1000 espèces
végétales différentes. On y distingue dans ce parc 4 formations
végétales distinctes:
- Les formations à Hyphaene benguellensis var. ventricosa
occupant quelques 1 200 ha, confinés le long de la rivière Rusizi.
C'est une sous-espèce endémique pour la région, et la formation
serrée de Parc National de la Rusizi est la seule restante et ayant
un statut de protection.
- Les bosquets xérophiles à Cadaba farinosa var. adenotricha
et Commiphora madagascariensis.
- Les formations forestières des ravins du Nord forment les restes
d'une forêt sclérophyle à Euphorbia dawei.
- La steppe à Bulbine abyssinica sur solonetz.
- Les formations de recolonisation à Acacia hockii.
- Les formations aquatiques et semi-aquatiques des dépressions de
profondeur moyenne envahies par Hygrophila auriculata et des
dépressions profondes à nappe d'eau permanente où s'installent des
plantes flottantes.
La végétation du Delta de la Rusizi compte plus de 193 espèces
végétales identifiées. On y distingue la Savane herbeuse à Phragmites
mauritianus, la savane arborée à Acacia polyacantha var. campylacantha
et la végétation aquatique des plantes flottantes.
La faune mammalienne comprend 19 espèces dont Hippopotamus
amphibius (Hippopotame) est le mammifère le plus caractéristique du
Parc. On y rencontre également Tragelaphus scriptus, Tragelaphus
spekei ; ce dernier est de plus en plus menacé.
La faune ornithologique très riche comprend 350 espèces sédentaires
et migratrices. Les bancs de sable dans la rivière et au Delta servent de
repos diurne pour de grands groupes de Dendrocygnes (Dendrocygna
viduata et Dendrocygna bicolor) dont la population peut
atteindre même 6000 en juillet. Les prairies exondées du Delta
constituent des sites de nidification pour de nombreuses espèces
limicoles comme Himantopus himantopus, Vanellus coronatus,
La forêt à Hyphaene abrite une avifaune assez spécifique avec
des oiseaux caractéristiques comme Cycladusa arquata et Cypsiurus
parvus.
A part les oiseaux résidents, le parc est important comme lieu de
passage, de repos et d'hibernation pour les oiseaux migrateurs
intra-africains et paléarctiques. Le mouvement migratoire le plus
important observé dans la plaine de la Rusizi est constitué par les
migrateurs paléarctiques.
Les études sur les reptiles du Parc donnent 12 espèces dont les plus
abondantes sont le Crocodilus niloticus et le Pelusios castaneus.
Les études sur les poissons du Parc montrent 44 espèces de la
rivière Rusizi et 11 espèces dans les étangs de Gatumba avec Protopterus
aethiopicus caractéristique. L'embouchure de la Rusizi constitue un
lieu de reproduction pour plusieurs espèces de poissons du lac
Tanganyika.
Pour les amphibiens, l'inventaire effectué au niveau du Delta donne 17
espèces réparties en 5 familles dont les plus abondantes sont Ranidae et
les Hyperoliidae.
Vu ses dimensions actuelles, le Parc National de la Rusizi ne mérite
plus d'être appelé Parc, mais plutôt une Réserve Gérée. Un projet de
réduction de ce Parc à 5280 ha est d'ailleurs en cours d'étude.
I. 2. 1. 5. Parc National de la Ruvubu
Ce Parc est situé à l'Est du Burundi. Il occupe une superficie
d'environ 50 900 ha, à des altitudes comprises entre 1 350 et 1 836 m. Il
s'étend sur 62 km selon son axe principal, orienté du Sud-Ouest au
Nord-Est. Sa largeur varie entre 5 km et 13 km à proximité de la
frontière tanzanienne. Comme végétation, on y rencontre des savanes
boisées à Parinari curatellifolia, des savanes arbustives et
arborescentes à Parinari curatellifolia, Pericopsis angolensis
et Hymenocardia acida, des savanes herbeuses, des galeries
forestières et des marais à Cyperus papyrus et à petites et
moyennes Cyperaceae. Cette végétation reste peu étudiée et seulement
300 espèces sont signalées sans être exhaustives.
Au point de vue faunistique, le Parc contient 44 espèces de
mammifères appartenant à 18 familles dont les plus importantes sont les
Bovidae et les Viverridae. Les grandes populations concernent les espèces
comme Syncerus caffer, Kobus ellisiprymnus defassa et Tragelaphus
scriptus. Parmi les grands prédateurs, il faut signaler le Panthera
pardus et Canis adustus. Trois espèces de Primates y sont
représentées.
Une liste de 421 espèces d'oiseaux du parc est dressée. L'avifaune
aquatique est riche et typique des milieux aquatiques d'Afrique orientale
et australe comme Ardeola rufiventer.
L'avifaune de savane comprend des éléments typiquement zambéziens comme
Souimangas amethyste, Monticola angolensis, etc…L'avifaune
forestière comprend des éléments montagnards comme Trichastoma
pyrrhopterum. Les vautours sont devenus rares.
Pour les reptiles, le crocodile (Crocodilus niloticus) est le
plus observé. Les ophidiens y sont aussi nombreux et plus de 9 espèces
ont été inventoriées.
Un inventaire de 14 espèces de poissons a été également fait et le
genre Barbus y est le plus représenté.
Un inventaire fait sur les amphibiens indique la présence des espèces
telles que Ptychadena uzunguensis, Ptychadena loveridgei, Bufo
maculatus, etc .
1. 2. 1. 6. Paysage Protége de Gisagara
Se localisant à l'Est du pays, le Paysage Protégé de Gisagara occupe
environ 6126 ha dont la zone naturelle recouverte de végétation est
d'environ 2913,5 ha. L'altitude varie entre 1230 m à 1600 m. Dans cette
aire protégée, on distingue des forêts claires dominées par Brachystegia
et Julbernadia à 82 % de la végétation, des savanes boisées,
des savanes arborées, des savanes herbeuses et des galeries forestières.
Les formations végétales du Paysage Protégé de Gisagara abritent
peu de grands mammifères suite à la dégradation de leurs habitats. Le
céphalophe de Grimm (Sylvicapra grimmia) est la seule antilope
encore observable. L'inventaire de petits mammifères donne 22 espèces
dont les Insectivores et les rongeurs sont les plus abondants. On observe
également quelques Primates (Cercopithecus aethiops, Galago
senegalensis et Cercopithecus mitis).
L'avifaune compte 60 espèces dont les plus remarquables et menacées
sont Agapornis pullaria, Poicephalus meyeri et Treron
calva. L'inventaire des reptiles reste à faire. Cependant, on y
observe des espèces telles que Varanus niloticus, Dendroaspis
jamesoni et Naja nigricollis.
L'inventaire des poissons donne 9 espèces dont les plus abondantes
appartiennent au genre Barbus. La faune batrachologique compte plus de 12
espèces dont les plus abondantes appartiennent aux genres Ptychadena
et Bufo. Phrynomerus microps est une espèce observée
principalement dans cette localité.
I. 2. 1. 7. Paysages Protégés de Mabanda/Nyanza-Lac et
Mukungu-Rukambasi
Se localisant au Sud du pays à une altitude comprise entre 900 et 1600
m, ces Paysages Protégés occupent environ 8500 ha (Mabanda/Nyanza-Lac :
3500 ha et Mukungu-Rukambasi : 5000 ha) dont la zone naturelle recouverte
de végétation est d'environ 3728,9 ha. Dans ces aires protégées, on
distingue des forêts claires dominées par Brachystegia, des
savanes boisées, des savanes arborées, des savanes herbeuses, des
galeries forestières submontagnardes et des prairies basses.
Une étude de la faune de ces aires protégées reste à faire.
Cependant, les espèces caractéristiques sont Papio anubis, Pan
troglodytes et Orycteropus afer.
I. 2. 1. 8. Paysage Protégé de Kinoso
Situé au Sud du pays à environ 1450 m d'altitude, ce Paysage
Protégé occupe environ 1971 ha dont seulement 480 ha recouverts de
végétation. On y observe des savanes à Parinari curatellifolia, Hymenocardia
acida et Entada abyssinica et des galeries forestières.
La faune mammalienne y est pauvre et seul Cercopithecus aethiops
y est encore observable.
L'avifaune compte plus de 50 espèces déjà inventoriées dont Crinifer
zonorus et Musophaga rossae sont les plus remarquables.
L'inventaire des reptiles donne actuellement 10 espèces dont Natriciteres
olivacea est très fréquemment rencontré en milieu humide. La faune
ichtyologique peu étudiée compte 5 espèces dominées par celles du
genre Barbus. Les amphibiens restent mal connus avec seulement 3
espèces identifiées.
I. 2. 1. 9. Réserve Naturelle Forestière de Rumonge
Située dans la partie occidentale et méridionale à une altitude
d'environ 850 m, cette Réserve Naturelle occupe une superficie d'environ
6 00 ha. Elle est constituée en totalité de forêts claires à Brachystegia.
La faune y est principalement formée de Primates (Papio anubis,
Pan troglodytes et Cercopithecus aethiops). On y rencontre
également des antilopes dont Sylvicapra grimmia est le plus
observé. Un inventaire d'oiseaux reste à faire. Les reptiles souvent
cités sont des ophidiens (Python sebae, Dendroaspis jamesoni,
Dispholidus typus kivuensis, etc.).
I. 2. 1. 10. Réserve Naturelle Forestière de Vyanda
Elle occupe une superficie d'environ 4500 ha et se situe sur des pentes
escarpées. A partir de 800 m d'altitude, elle comprend une forêt claire
semblable et contiguë à celle de Rumonge.
A 1400 m, on rencontre des galeries forestières submontagnardes avec
des essences comme Pycnanthus angolensis, Albizia
grandibracteata, etc. Au-delà de cette altitude, la Réserve comprend
des espèces typiques de la forêt ombrophile de montagne. Dans l'ensemble
la végétation naturelle occupe environ 2500 ha, contre 2000 ha propres
aux plantations de Pinus.
La faune y est peu étudiée ; mais celle observée rappelle celle de
Rumonge avec une particularité de Potamochoerus porcus.
I.2.1.11. Réserve Naturelle Forestière de Kigwena
Elle se trouve au sud de la Réserve Naturelle de Rumonge sur un
terrain plat et marécageux, en bordure du lac Tanganyika, entre les
altitudes 773 et 820 m et occupe 500 ha. Protégée depuis 1952, la
Réserve est entièrement dominée par la forêt mésophile
périguinéenne à Newtonia buchananii et Albizia zygia.
Pour la faune de Kigwena, un inventaire reste à faire. Cependant,
l'animal mammalien caractéristique est Papio anubis. On observe
également Bycanistes subcylindricus et Musophaga rossae
comme espèces caractéristiques d'oiseaux. Les ophidiens les plus cités
sont notamment Dendroaspis polylepis et Thelotornis capensis.
I. 2. 1. 12. Réserve Naturelle Gérée du lac Rwihinda
Le lac Rwihinda est un des plus petits lacs du Nord, le seul lac ayant
bénéficié d'un statut de protection. Couvrant une superficie de 425 ha,
ce lac est à 1420 m d'altitude. La végétation naturelle composée de
marais à Cyperus papyrus est observée à l'Est dans les
marécages reliant le lac à la rivière Kanyaru. Les plantes flottantes
sont essentiellement dominées par Nymphaea div. sp. et Potamogeton.
Au point de vue faunistique, le lac Rwihinda aussi appelé " lac
aux oiseaux " se caractérise, comme le Parc de la Rusizi, par la
présence d'oiseaux aussi bien migrateurs que sédentaires. Une liste de
plus de 49 espèces très loin d'être exhaustive est dressée avec des
éléments remarquables tels que Pelecanus rufescens, Phalacrocorax
africanus, Dendrocygna viduata, etc. Les autres groupes
faunistiques restent à étudier.
I. 2. 1. 13. Monuments Naturels des chutes de la Karera et des failles
de Nyakazu
Les chutes de la Karera et les failles de Nyakazu (failles des
Allemands) sont des Monuments naturels situés au Sud-Est du pays dans la
province de Rutana.
Les chutes de la Karera, rangées en 3 cascades, coulent au coeur d'une
galerie forestière avec de grands arbres comme Newtonia buchananii,
Sterculia tragacantha, Spathodea campanulata, Cordia
africana, etc. entourée d'une savane à Parinari curatellifolia
et Pericopsis angolensis.
Les failles de Nyakazu localisées plus à l'Est, sont creusées dans
l'escarpement marquant la séparation du plateau central et du
soubassement de Kumoso. Elles s'ouvrent dans la dépression de Kumoso. Le
fond du ravin abrite de grands arbres typiques de forêt de montagne (Entandrophragma
excelsum), et les parties concaves très escarpées sont couvertes de
forêts claires à Brachystegia.
L'étude faunistique de ces lieux reste à faire. Cependant, on observe
Cercopithecus aethiops comme mammifère abondant et Onychognathus
morio comme oiseau caractéristique des failles constamment inondées.
Tableau 2 : Quelques caractéristiques numériques de certains
écosystèmes naturels (Nzigidahera, 2000)
| Principaux types d'éco-Systèmes |
Type de végétation |
Superficies dans les archives (ha) |
Superficies actuelles (ha) |
Superficie des écosystèmes des aires protégées
ha) |
% de superficies incluses dans les aires
protégées par rapport aux superficies actuelles |
| Forêts |
Forêts ombrophiles de montagne |
104000 (il y a 30 ans) |
environ 50.000 |
47500 |
95 |
| |
Forêts sclérophylles à Hyphaene |
2800 (1951) |
1200 |
1200 |
100 |
| |
Forêts mésophylles de Kigwena |
2000 (1960) |
500 |
500 |
100 |
| |
Forêts claires |
30.000( 1950) |
environ 20000 |
8716,4 |
43,58 |
| |
Galeries forestières |
- |
- |
1018 |
* |
| Savanes |
Divers types de savanes |
150000 (il y a 50 ans ) |
90.800 |
50900 |
56,05 |
| Marais |
Marais |
117993 |
36563 |
3799 |
10 |
| Milieux aquatiques |
plantes flottantes et algues |
|
214000 |
600 |
0,2 |
* Pourcentage très faible
I. 2. 2. Espaces non protégés
Certains sites du domaine non protégés présentent une diversité
biologique relativement importante qui pourrait justifier la conservation
de leur biodiversité. Ces sites appartiennent à des écosystèmes
terrestres et aquatiques.
I. 2. 2. 1. Milieux terrestres
1. Forêt de montagne de Mpotsa
D'environ 230 ha, cette forêt rappelle de près celle du Parc de la
Kibira dans sa composition floristique dans son horizon moyen. La faune et
la flore restent non inventoriées. Longtemps considérée comme
cimetières des reines, Mpotsa a été jalousement préservée par la
population riveraine jusqu'à une époque récente. Des efforts de
conservation sont nécessaires pour arrêter sa dégradation notamment par
défrichement.
2. Forêts claires de l'Est du Burundi
A l'Est du pays, il existe encore plus de 10000 ha de reliques de
forêts claires non protégées renfermant une biodiversité semblable à
celle des forêts claires actuellement en préservation.
3. Savane à Acacia et bosquets xérophiles de Murehe au Nord du
Pays
Murehe reste important parce que ses formations végétales sont les
seuls représentants de la région du Nord actuellement menacée par la
sécheresse. Il est d'importance capitale de protéger cette zone
renfermant encore de telles formations végétales car le seul endroit où
on les rencontre encore à savoir le Parc national de la Rusizi risque
d'être occupé par l'agriculture et l'élevage (Décret-loi portant
délimitation des aires protégées en projet).
I. 2. 2. 2. Milieux aquatiques et semi-aquatiques
1. Lacs
Le Burundi possède plusieurs lacs naturels : Tanganyika, Cohoha, Rweru,
Rwihinda, Gacamirinda, Kanzigiri, Gitamo, Rwungere, Narungazi, Inampete.
La superficie protégée est estimée à 600 ha sur un total 214 000 ha.
La superficie non protégée reste la plus importante (213400 ha) et
pourtant la plus riche en biodiversité.
A. Lac Tanganyika
Le lac Tanganyika constitue le plus grand des lacs du rift africain et
contient en son sein des ressources biologiques uniques sur notre
planète. D'après les récentes estimations 1300 espèces de vertébrés
et invertébrés habiteraient ce lac. Parmi ces espèces 500 seraient
endémiques. Ce lac nécessite une conservation mais dans un cadre
sous-régional.
B. Lacs du Nord
Les lacs Cohoha, Rweru, Gacamirinda, Kanzigiri, Gitamo, Rwungere,
Narungazi, Inampete renferment une biodiversité non encore inventoriée
exceptés les lacs Cohoha et Rweru riches en phytoplancton et zooplancton
et dans lesquels 18 espèces de poissons sont connus. Leur conservation
s'avère nécessaire pour permettre une utilisation durable des ressources
ichtyologiques.
2. Marais
Au Burundi, les marais non protégés occupent à peu près 32464 ha
tandis que ceux qui sont protégés occupent environ 3799 rencontrés dans
les Parcs de la Rusizi et de la Ruvubu ainsi qu'autour de la Réserve
Naturelle de Rwihinda. Ces marais renferment une faune et une flore
insoupçonnées et non encore étudiées.
3. Cours d'eau
Quatre grands cours d'eau, à savoir les rivières Rusizi, Ruvubu,
Akanyaru et Malagarazi dont les 2 premières protégées dans leurs cours
inférieurs, constituent l'essentiel du réseau hydrologique du pays. Le
reste du pays comporte une multitude de petites rivières et ruisseaux.
L'ensemble de ce réseau hydrologique burundais n'a pas fait l'objet
d'importantes études excepté certaines parties des rivières Ruvubu,
Rusizi, Kinwa, Musasa, Mutsindozi et Rumpungwe dans lesquelles environ 81
espèces de poissons ont été inventoriées.