Chapitre III : MISE EN ŒUVRE DE LA
STRATEGIE POUR LA CONSERVATION ET L'UTILISATION DURABLE DE LA BIODIVERSITE
III. 1. Introduction
Le Burundi reconnaît l'intérêt et l'importance des principes de la
CDB. Il juge très pertinent de mettre en œuvre les objectifs de la
Convention constituant des éléments clés pour soutenir un
développement durable.
L'élaboration de la présente stratégie et de son plan d'action
s'inscrit dans une démarche d'assainir l'environnement que le Burundi a
entrepris depuis quelques années en mettant en place la SNEB, le Code de
l'Environnement, et d'autres instruments pertinents. Le pays reconnaît
toutefois que des efforts restent à fournir pour une conservation et une
utilisation durable de la biodiversité afin que les générations futures
puissent bénéficier d'un Capital-Nature aussi important ou même
meilleure que celui qui existe actuellement.
Comme il apparaît à travers sa vision nationale, le Burundi entend
mettre la stratégie en œuvre par l'implication de toutes les couches de
la population autour des programmes de coordination adéquats. Ainsi 4
principales orientations stratégiques complémentaires sont retenues pour
réussir cet objectif
III. 2. Orientations stratégiques pour la mise œuvre.
La première orientation vise à responsabiliser tous les Ministères
concernés par la question de la biodiversité. La seconde a trait à la
mise en place des mécanismes et outils performants pour opérationnaliser
la stratégie. La troisième concerne l'implication et l'engagement de
toutes les couches de la population dans une démarche concertée pour le
maintien, l'utilisation durable et le partage des bénéfices découlant
de la biodiversité. La quatrième orientation vise le renforcement de la
coopération.
Orientation stratégique n° 1: Responsabilisation de tous
les Ministères concernés la question de la biodiversité .
Cette responsabilisation se fera à travers la mise en place d'un
Comité National chargé de la question de la Biodiversité au Burundi
En effet, bien que tous les Ministères soient concernés d'une
manière ou d'une autre par cette stratégie, l'engagement de certains
doit être prépondérant compte tenu de leurs mandats et leur main mise
sur l'environnement et sur les ressources naturelles.
En tenant compte des actions proposées, chaque Ministère ou
Institution devra agir à titre de responsable sectoriel de l'application
des mesures qui le concernent.
Pour un suivi adéquat de la réalisation des actions arrêtées et
poursuivre en collégialité et en harmonie les réflexions sur les
besoins et la façon de conserver et d'utiliser durablement cette
richesse, il est important de créer un Comité National chargé de la
question de la Biodiversité au Burundi et d'une Cellule de Coordination
chargée du suivi et évaluation des activités retenues.
Le premier avantage de la création de ce Comité tient au fait que
l'établissement d'une relation étroite entre les Ministères impliqués
dans la question de la biodiversité constitue le début de la
coordination, base du développement durable.
Le Comité National aura comme rôle :
- d'inciter la prise en compte de la biodiversité dans les
politiques, les programmes, les stratégies et les plans d'actions
nationaux des différents Ministères ;
- d'inciter les ONGs et le public à participer à la mise en œuvre
de la Stratégie ;
- de faire les rapports interministériels pour le suivi de la
Stratégie ;
- de coordonner les volets de la Stratégie ayant trait à des enjeux
internationaux de la biodiversité ;
- de collaborer avec d'autres comités existants ayant trait avec
l'environnement ;
- de faire le suivi et l'évaluation des programmes de travail de la
Cellule de Coordination.
Orientation stratégique n° 2 : Mise en place des
mécanismes et outils performants pour opérationnaliser la stratégie
Opérationnaliser une stratégie signifie conduire toutes les
opérations pour sa mise en œuvre. Il est donc évident qu'un tel travail
nécessite une structure organisationnelle et des outils performants. Dans
un premier temps, on mettra en place une Cellule de Coordination, qui
servira comme centre de suivi au quotidien, pour préparer les projets à
exécuter, réaliser les bilans périodiques sur les actions de mise en
œuvre et faire les démarches nécessaires pour l'obtention des
financements. Cette Cellule, qui travaillera sous la responsabilité du
Comité National, comprendra un secrétariat permanent.
Dans sa mission, la Cellule jouera aussi le rôle d'échange
d'informations en matière de la biodiversité., et devra pour ce faire,
être dotée d'outils performants tel que le SIG et autres bases de
données informatisées.
Orientation stratégique n° 3 : Implication de toutes les
couches de la population dans une démarche concertée pour la
conservation, l'utilisation durable de la biodiversité.
Pour la mise en œuvre des actions définies, il est important
d'associer et de faire participer toutes les collectivités locales, les
ONGs, les populations et les autres partenaires de développement.
Les collectivités comprenant l'Administration provinciale et communale
doivent être largement et prioritairement associées, compte tenu du
rôle moteur et de l'influence qu'elles ont dans le développement
territorial. Il est souhaitable que chaque action proposée dans la
Stratégie soit prise en compte dans les plans régionaux de
développement, dans les schéma d'aménagement et
d'utilisation des ressources naturelles. Cela suppose en outre
l'implication des ONGs et des partenaires de développement œuvrant sur
le terrain.
L'intégration de la population locale dans la gestion de la
biodiversité constitue pour le Burundi une stratégie primordiale. Par
des réunions, ateliers et autres formes de concertation, la population
doit être invitée à déterminer la façon dont elle contribuera à la
mise en œuvre de la stratégie. Elle sera notamment invitée à
participer à la conception des projets pour la mise en œuvre de la stratégie
Orientation stratégique n° 4 : Renforcement de la coopération.
Compte tenu des moyens insuffisants, le Burundi est appelé à coopérer
avec les autres pays. La coopération permettra d'avoir des appuis
scientifiques, techniques et financiers pour la réalisation des projets
élaborés pour la mise en œuvre de sa Stratégie nationale. Elle
permettra aussi l'échange d'expériences en matière de gestion de la
biodiversité.
III. 3. Mécanismes de suivi et d'évaluation.
Le processus de suivi et d'évaluation a comme objectif d'apprécier
les progrès réalisés dans les activités prévues en utilisant des
indicateurs de progrès vérifiables et de procéder aux réaménagements
du chronogramme des activités.
La réalisation de ces projets passera par :
- l'évaluation du niveau d'exécution des activités prévues et la
production des rapports
- le suivi de l'utilisation des fonds alloués à la mise en œuvre de la
stratégie
- l'analyse des effets de la mise en œuvre de la stratégie sur les
ressources biologiques et de la biodiversité en particulier.
Cette activité sera supervisée par le Comité national chargé de la
question de la biodiversité
III. 4. Financement
Le financement de la mise en œuvre de la SNPA-DB sera assuré, à
court et à moyen terme, par l'Etat burundais d'une part, et d'autre part
les partenaires extérieurs dans le cadre de la coopération bilatérale
et multilatérale. D'autres institutions financières nationales (ONGs,
associations locales, privés locaux, etc.)et internationales (FEM, BM,
PNUD, PNUE, FAO, etc.) seront également sollicitées.
III. 5. Contraintes
Dans la mise en œuvre de la Stratégie, un certain nombre de
difficultés devront être tenues en compte en permanence. Il s'agit
principalement :
- de la pression démographique élevée,
- de la pauvreté et de la non alphabétisation de la population,
- de l'exiguïté et l'appauvrissement des terres cultivées,
- du déficit de communication entre les gestionnaires et les utilisateurs
des ressources biologiques.