II. 3. Biotechnologie et Sécurité alimentaire
II. 3. 1. Sécurité alimentaire
Au Burundi, l'agriculture constitue la principale activité économique
; elle occupe plus de 90 % de la population. Pratiquée sous forme de
polyculture associée, elle est dominée par les cultures vivrières et
intègre plus ou moins l'élevage et les boisements.
Du fait de la forte densité de la population, du système d'héritage
et de la faible mobilité des agriculteurs, les terres ont été de plus
en plus morcelées ; les exploitations agricoles ne disposent plus en
moyenne que de 100 ares par famille ; la jachère n'est donc pratiquement
plus possible. Avec le relief accidenté et le risque de dégradation des
sols par l'érosion, la sécurité alimentaire des populations est donc
fortement compromise.
Orientée essentiellement vers une logique d'autosuffisance
alimentaire, cette agriculture n'utilise que très peu de techniques
modernes comme les semences sélectionnées, les engrais chimiques et les
produits phytosanitaires. Ceci s'explique notamment par le faible pouvoir
d'achat, de même que l'insuffisance de l'encadrement et de la formation
des agriculteurs.
Jusqu'en 1992, le Burundi était un des rares pays africains à
connaître une certaine autosuffisance alimentaire. Cette couverture
était toutefois à la limite des besoins énergétiques et accusait un
déficit en protéines d'origine animales et en lipides, surtout chez les
couches les plus pauvres de la population.
Depuis la crise qui a commencé en 1993, le secteur vivrier a subi des
effets néfastes qui se sont matérialisés par une baisse de la
production, à cause notamment de la réduction des superficies emblavées
consécutives à l'insécurité et aux mouvements des populations, aux
difficultés d'importation et de distribution des engrais, à la
perturbation de la filière semencière et au relâchement de
l'encadrement.
I. 3. 2. Utilisation de la biotechnologie
Le Burundi n'est doté à ce jour ni de politique en matière de
biotechnologie ni de réglementation spécifique pour la bio sécurité.
Néanmoins, il dispose de produits biotechnologiques.
On constate que certains parmi les textes de lois existants couvrent
des aspects de bio sécurité comme la quarantaine des plantes,
l'autorisation préalable de l'utilisation des pesticides, etc. En outre,
il existe un bureau de contrôle (BBN) de la qualité des produits
importés au Burundi. Actuellement, aucun produit génétiquement modifié
connu n'est utilisé au Burundi.
Les recherches en biotechnologie sont encore au stade embryonnaire. La
plupart de ces recherches sont effectuées dans le domaine des
biotechnologies végétales mais la plupart des utilisateurs n'en assurent
ni la mise au point ni la production sur place.
En matière de formation, l'enseignement des applications de certaines
disciplines intéressant les biotechnologies se fait uniquement au niveau
de l'enseignement supérieur ou post supérieur. Actuellement, le Burundi
ne peut pas produire des chercheurs et des techniciens de laboratoires ou
des industries biotechnologiques en nombre suffisant
On rencontre une diversité importante de pratiques traditionnelles
employant des micro-organismes pour répondre à certains besoins locaux.
Mais, c'est dans le domaine de l'alimentation que la biotechnologie
traditionnelle fait plus de preuve (fabrication des produits laitiers,
bières et vins, fermentation de certains produits tels que le Sorghum
vulgare et Manihot esculenta).
Les produits biotechnologiques modernes sont utilisés dans les
industries de transformation alimentaire comme les brasseries,
fromageries, laiteries et les boulangeries (ferments, levures), au
laboratoire vétérinaire (transfert d'embryons pour bétail), aux centres
de santé humaine et laboratoires médicaux (vaccins, sérologie), au
centre de recherche à l'ISABU (production d'inoculums fixateurs d'azote
atmosphérique pour légumineuses, production et diffusion des vitroplants),
au centre de recherche de l'IRAZ (production et diffusion des vitroplants)
et à la société commerciale Enviro-pure (traitement biologique des
déchets organiques), au Centre National des Technologies Agro-alimentares
(CNTA), Université du Burundi, et certaines alimentations.