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STRATEGIE NATIONALE ET PLAN D'ACTIONS EN MATIERE DE LA
DIVERSITE BIOLOGIQUES
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| Espèces | Observation |
| Pterocarpus tinctorius | C+ |
| Pterocarpus angolensis | C+ |
| Pericopsis angolensis | C |
| Entandrophragma excelsum | C+ |
| Hagenia abyssinica | C+ |
| Podocarpus milanjianus | C |
| Podocarpus usambarensis | C |
| Prunus africana | C+ |
| Symphonia globulifera | C |
| Maesopsis eminii | C |
C : Commerce courant; C+ : très commercialisé
6. Plantes autochtones à usage artisanal
Il existe d'autres plantes plus employées dans divers ménages du pays pour des services variés : nattes, paniers, fabrication des pirogue, instruments de musique, fabrication des ruches et de beaucoup d'objets d'art, etc. Ces mêmes produits participent dans le commerce et sont des sources de revenus pour une grande population (Tab. 8).
Dans le secteur ornemental, les espèces végétales les plus utilisées sont notamment Gloriosa superba, Arundinaria alpina, Gladiolus dalenii et Dracaena steudneri. Ces espèces sont aussi commercialisées au Burundi et Dracaena steudneri est même exporté.
7. Plantes toxiques autochtones
Les espèces végétales toxiques du Burundi restent mal connues. Cependant, il existe des espèces toxiques qui participent dans plusieurs usages. Dans de petits cours d'eau, les pêcheurs utilisent des produits toxiques fabriqués à base des plantes toxiques comme Tephrosia vogelii (feuilles), Neorautanenia mitis (tubercules), Albizia versicolor (racines), etc.
Tableau 8 : Quelques espèces végétales et leurs usages courants (Nzigidahera, 2000)
| Espèces | Observation | Marché |
| Eremospatha sp. | Fauteuils, lits, chaises traditionnelles | C |
| Hyphaene benguellensis var. ventricosa | Paniers, sacs | C+++ |
| Cyperus latifolius | Nattes, corbeilles | C+++ |
| Cyperus papyrus | cordages | C+++ |
| Cyperus laevigatus | Nattes, corbeilles | |
| Arundinaria alpina | Fauteuils, lits, chaises, paniers, greniers | C+++ |
| Oxythenanthera abyssinica | Nattes pour plafonds, paniers, lit, fauteils, greniers | C+++ |
| Phragmites mauritianus | Clôture, toit | C+++ |
| Cordia africana | tambours, mortiers et pirogue à bière | |
| Julbernadia globiflora | ruches, sacs | |
| Brachystegia div.sp | ruches, sacs | |
| Albizia gummifera | Pirogues de pêche | |
| Cussonea arborea | Instrument de musique | |
| Typha domingensis | Natte | C+++ |
C : Commerce observé; C+ : Commerce courant
C++ : Commerce fréquent C +++ : très commercialisé
8. Ressources végétales cultivées
Beaucoup de plantes sont cultivées pour divers usages :
Alimentation : les espèces comme Phaseolus vurgalis, Musa div. sp., Ipomea batatas, Manihot esculenta constituent les aliments de base au Burundi.
Commerce : D'une manière générale, toutes les espèces cultivées entrent dans le circuit commercial essentiellement local à l'exception des cultures de rente qui constituent l'essentiel du système macro-économique du pays.
Bois d'œuvre et de service : La régression des plantes autochtones a favorisé l'introduction des plantes exotiques servant aujourd'hui comme bois d'œuvre et de service (Eucalyptus, Cedrella, Grevillea, Pinus, etc.). Ces mêmes espèces sont utilisées comme bois de chauffage, de construction de ponts, de clôture, etc. Certaines essences autochtones à usages multiples (médicinal, construction, etc.) comme Erythrina abyssinica et Polycias fulva sont entretenues dans les espaces cultivés.
Secteur ornemental : C'est le secteur qui renferme le plus grand nombre d'espèces végétales introduites et sont commercialisées pour l'ornementation des maisons, l'aménagement des jardins, clôtures, bordures des voies publiques et des monuments et autres places publics (Sapindus saponaria, Delonix regia, Jacaranda mimosifolia, Terminalia superba, Ravenala madagascariensis, etc.).
1. Animaux sauvages comestibles
Les ressources biologiques animales sont obtenues par plusieurs voies à savoir la chasse, le piégeage et la pêche.
La chasse pour l'alimentation est pratiquée dans les aires protégées ou dans certaines zones où subsistent encore des animaux. Les animaux les plus visés sont notamment les mammifères (Syncerus caffer, Hippopotamus amphibius, Tragelaphus spekei, Tragelaphus scriptus, Kobus ellipsiprymnus deffassa, etc), les oiseaux (Francolinus div . sp., Streptopelia div. sp. Treron calva, etc), les reptiles (Crocodilus niloticus, Varanus niloticus, Python sebae, Pelusios div. sp., etc), les amphibiens (Ptychadena div. sp.).
Parmi les invertébrés, les termites dont 14 espèces comestibles ont été identifiées sont les plus consommés essentiellement en milieu rural avec Macrotermes falciger la plus préférée surtout à l'Est du pays. Les abeilles, Apis mellifica pour la production du miel, sont exploitées à travers tout le pays.
La pêche est pratiquée dans tous les lacs et les rivières importantes du pays. L'essentiel des ressources halieutiques provient du lac Tanganyika et dans une moindre mesure des lacs du Nord. Au Burundi, toutes les espèces de poissons sont supposées comestibles même si certains poissons du lac Tanganyika n'attirent pas particulièrement les consommateurs.
Dans les lacs du Nord, les espèces fréquemment pêchées sont notamment Oreochromis niloticus, Oreochromis macrochir, Clarias gariepinus, etc. Dans les grandes rivières, on rencontre des espèces Barbus div. sp., Clarias gariepinus, etc.
Une mention spéciale doit être faite sur le lac Tanganyika, puisque la pêche joue un rôle économique important pour le pays. Parmi les familles de poissons représentées dans le lac Tanganyika, certaines se caractérisent par une abondance particulièrement élevée de leurs populations. C'est le cas de la famille des Clupéidés avec ses deux espèces pélagiques Stolothrissa tanganicae et Limnothrissa miodon et de la famille des Centropomidae avec 4 espèces Lates stappersii, Lates microlepis, Lates angustifrons, Lates mariae. Ces deux familles fournissent l'essentiel des poissons capturés dans le lac.
Les estimations de la productivité des eaux du lac variant de 90 à 120 kg par ha et par an, les potentialités de l'ensemble sont de l'ordre de 300 mille à 400 mille tonnes de poissons par an pour l'ensemble du lac (20 à 25 mille tonnes pour le Burundi). L'intérêt de la faune piscicole du lac en tant que réservoir de ressources alimentaires et de possibilités en revenus monétaires pour les populations riveraines est donc évident.
Au Burundi (7% de la superficie du lac), on rencontre 3 types de pêche: la pêche industrielle, la pêche artisanale et la pêche dite coutumière. Les 2 premiers types portent sur les espèces pélagiques et fournissent les quantités les plus importantes de poissons: 80 à 90% d'une production annuelle qui variait entre 15000 à 23 000 tonnes de poissons au début des années 1990 (Bellemans, 1991).
La pêche coutumière, qui exploite exclusivement d'autres espèces de la zone littorale, donne 5 à 10% des captures totales, soit 1000 à 2000 tonnes de poissons par an. Elle porte essentiellement sur des espèces dont la taille est suffisamment intéressante pour les consommateurs, notamment de grands Cyprinidae comme certains Barbus, Raiamas, et Varicorhinus, de grands poissons chats (Silures) comme Auchenoglanis, Bagrus, Chrysichthys, Clarias, et les plus grands des représentants de la famille des Cichlidés comme Boulengerochromis, Batybates, Oreochromis, Limnotilapia, Petrochromis et Tylochromis.
2. Animaux d'intérêt médicinal
Les produits animaux médicinaux sont vendus presque dans tous les marchés du pays. Ils se présentent sous forme de peau, de cornes, de têtes, de plumes et de corps entiers, etc. Tous ces éléments entrent dans le traitement de diverses maladies.
Les espèces les plus utilisées sont rencontrées dans tous les groupes d'animaux tels que les mammifères (26 espèces déjà identifiées), les reptiles (10 espèces déjà identifiées), les oiseaux (14 espèces déjà identifiées). D'autres espèces sont également rencontrées chez les poissons, les amphibiens et les invertébrés.
3. Animaux d'ornementation
Au Burundi, il existe des espèces d'animaux exploitées à des fins ornementales pour leur couleur soit pour les aquaria, soit pour la décoration des habitations et la fabrication de certains objets.
Les peaux ornementales sont issues des mammifères comme Panthera pardus, Genetta servalina Genetta genetta, Leptailurus serval, etc., des reptiles comme Bitis gabonica, Python sebae, Crocodilus niloticus, etc.
Certains poissons sont capturés et exportés comme espèces ornementales. Il s'agit des espèces au sein desquelles on rencontre plusieurs espèces comme Tropheus moorii avec de belles couleurs contrastées, comme Cyphotilapia frontosa qui a des formes ou des comportements particuliers, ou comme Synodontis multipunctatus chez lequel toutes ces qualités sont à la fois observées. Plus de 35 espèces de poissons ornementaux sont connues et commercialisées à travers le monde entier
A part Synodontis multipunctatus, la plupart d'autres appartiennent à la famille des Cichlidés. Elles sont capturées dans la zone littorale du lac. On pourrait encore ajouter des espèces appartenant à la grande tribu des Lamprologini, c'est-à-dire Lamprologus, Lepidiolamprologus, Neolamprologus, Altolamprologus, Telmatochromis et Julidochromis.
L'ornementation concerne aussi des oiseaux comme le cas de Poicephalus meyeri, Agapornis pullaria et Agapornis fischeri et des mammifères comme Cercopithecus aethiops, Papio anubis et Pan troglodytes rencontrés dans certaines habitations urbaines. Certains reptiles sont également rencontrés tels que Pelusios castaneus, Crocodilus niloticus, diverses espèces d'ophidiens comme Bitis gabonica, Naja nigricollis, etc.
La plupart des espèces citées ci-haut sont rencontrées au musée vivant de Bujumbura à des fins touristiques et éducatives.
4. Animaux domestiques
Beaucoup d'animaux sont élevés pour divers usages. Les animaux domestiques constituent une source protéique pour l'alimentation et une source de revenus pour la population surtout locale. Ils interviennent aussi dans la fertilisation des sols. Dans l'ensemble, l'élevage concerne les bovins, les caprins, ovins, les porcins et les volailles. A côté de ce grand groupe, il y a aussi l'apiculture qui est source de miel et de l'hydromel pour une importante population. La pisciculture, quoique peu développée, contribue aussi pour une part non négligeable dans l'alimentation de la population.
Au Burundi, la question principale qui doit être posée est celle de savoir sur quels types de valeurs de la biodiversité le partage équitable doit porter. La biodiversité visualise les valeurs directes et les valeurs indirectes vis-à- vis de l'homme qui en est le centre.
Les valeurs indirectes comportent des fonctions écologiques notamment la régulation climatique, hydrologique et pédologique assurées à travers les écosystèmes du pays, le cadre politique, légal et institutionnel, etc. Ces valeurs sont naturellement et équitablement partagées. C'est ainsi que la conservation de la biodiversité profite d'une manière indirecte à tout le monde. Il en est de même pour d'autres valeurs intrinséques, patrimoniales et existentielles.
Cependant, le fait que la population actuelle exerce une pression croissante sur les écosystèmes, il y a lieu de s'inquiéter sur les garanties de durabilité et partant de partage pour les générations futures.
Les valeurs directes concernent les intérêts directs (produits comestibles, commerce, bois de chauffe, pêche, produits médicinaux, produits issus de la biotechnologie comme les semences améliorées, etc.) auxquels l'homme aspire. La question qui se pose est donc la suivante : l'homme a-t-il accès aux ressources biologiques, l'exploitation actuelle de ces ressources tient-elle compte des générations futures, ces ressources profitent-elles à l'étranger ou le Burundi profite-t-il des ressources biologiques étrangères !
Dans le domaine de la conservation des aires protégées, le partage n'est pas perceptible. En effet, la création des aires protégées s'est accompagnée entre autre de l'expropriation des populations parfois même sans indemnisation. Ces populations n'ayant plus droit aux ressources naturelles dites protégées, il en résulte des conflits avec les protecteurs. Toutefois, les efforts d'intégration de la population dans la gestion des aires protégées, quoique encore timides, pourrait favoriser le partage.
Dans le domaine agropastoral, le partage reste difficile à évaluer dans les problèmes épineux d'atomisation et d'exiguïté des terres. Cependant, la migration vers les zones encore relativement fertiles des populations est un signe d'accès aux ressources biologiques.
Dans les milieux naturels non protégés, l'utilisation des ressources est peu contrôlée. Cela a comme conséquence l'épuisement rapide des ressources qui d'ailleurs ne profitent qu'à la population locale ; c'est le cas pour la pêche, la chasse et les plantes médicinales.
L'accès de l'étranger aux ressources biologiques internes se manifeste par des exportations des produits divers et par le tourisme. Cependant, le Burundi ne profite pas pour autant ou pas assez, des bénéfices découlant de ces produits à l'étranger ni de la technologie nécessaire pour la valorisation de ses ressources biologiques.
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Dernière mise à jour: le 29-07-2003 |
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© Centre d'Echange de la République du Burundi, 2002. |
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